dimanche 5 juillet 2009

Sans filet (1)

Le ventilateur zélé brassait indistinctement air et poussière et, en se concentrant, il pouvait dissocier le courant granuleux. A mesure que s'égrenaient les minutes, l'impact des particules sur son épiderme se faisait plus précis et plus violent. Pour sûr, des cratères nains véroleront sa peau au réveil. A moins que ce souffle vicieux ne l'érode. Il découvrirait un Antoine raboté dans le miroir demain, un Antoine remplissant mal son nouvel habit de technocrate.

La sueur relayait à présent la poussière, et achevait de la supplicier. Serpentant de cratère en cratère, les perles salées brûlaient ses tempes, son torse, son entrecuisse. Qu'à cela ne tienne, un irradié prendra la parole à la réunion hebdomadaire, alors. La vision le fit sourire, puis franchement rigoler. Fou rire de courte durée, un éclair douloureux zébrant son crâne à chaque spasme. Qui eut cru que l'on puisse être victime d'une insolation à Bruxelles ?

Il était inenvisageable de se faire porter pâle cette semaine. Se mettant un coup de pied mental au cul, Antoine s'extirpa du lit humide et se traîna, hagard et nu, jusqu'à la salle de bains. Recroquevillé dans le bac à douche, trop épuisé pour en refermer complètement le robinet, il y passa le reste de la nuit, bercé par un mince filet d'eau fraîche.

mercredi 1 juillet 2009

Writing to reach you (Travis)



A vot' bon coeur !


Ma mère dirait que décidément, je n'avance qu'à coups de pompes dans le cul.

mardi 23 juin 2009

Mes basiques 3/10 : The Rolling Stones - Let it bleed

[Je crois qu'il me manque quelques mots, les enfants]

La série sur mes basiques musicaux était l'archétype de la fausse-bonne idée bloguesque.

Erreur de débutant. On pense que cela va donner du rythme aux articles, être un fil d'Ariane ténu mais efficace pour naviguer au milieu de cette diarrhée ego-centrée. Alors que pointer du doigt des monuments du rock et expliquer en quoi ça donne des orgasmes multiples à mes tympans, ben pour l'originalité, Circé, tu peux repasser.

Dans le même temps, faute d'inspiration, ça meuble. J'aime ce blog mort-vivant, putain, qui s'accroche, qui s'accroche ...








Alors aujourd'hui, nous allons parler du "Let it bleed" des Rolling Stones.

On est en 1969, Brian Jones est gentiment mis sur la touche, et touchera d'ailleurs le fond de la piscine, petit pull marine, avant la sortie de ce bijou. FAIL.

On a Keith Richards aux commandes, et cela fait toute la différence, je pense, puisque cela donne un album rock'and'blues.

Gens de bon goût, nous connaissons tous cet album par coeur.

Je ne m'attarderai donc pas sur le naïvement apocalyptique Gimme Shelter, morceau assez génial, qu'Obama surkiffe d'ailleurs (ceci est un argument d'autorité). Ni sur les jolis choeurs introductifs de You can't always get what you want, qui desservent un morceau puissant en soi à mon humble avis, mais bon, les choeurs, ça fait toujours son petit effet. Je ne vous expliquerai pas dans quel état me met You got the silver, blues gentillet sans prétention, sauf que c'est Keith qui chante, alors ... Ni pourquoi Monkey Man m'électrise au point d'en avoir les larmes aux yeux les soirs de très grande fatigue.

En vérité, si on ne doit écouter qu'un seul morceau de Let It Bleed, voire un seul morceau des Stones, c'est Midnight Rambler.

Je n'étais pas très convaincue par le discours de ma lesbienne sur ce point, à l'époque. Je n'y entendais que du blues avec un tout petit b. Ça va on connaît, le blues, la guitare qui fait ta-dam, ta-dam, l'harmonica souffreteux, ... Saletés d'opportunistes et de copieurs, ces types. Embrasse-moi au lieu de disserter.

Les semaines ont passé, et ce morceau a crû en moi. Un grower, donc, je serais tentée de dire un boner. Pardonnez d'ailleurs d'avance la crudité de mes propos, mais ce titre est le seul qui, très physiquement, très concrètement, absolument pas métaphoriquement, peut me faire ressentir spasmes dans le bas-ventre et autres humidités sous-vestimentaires.

C'est plus qu'un blues vachement bien foutu ; bien plus qu'un hommage bien balancé à l'étrangleur de Boston ou à Satan - les avis divergent.

Ce morceau n'est pas sexuel, il me baise.

Intro, il me caresse le visage.

0'18", Did you hear about the midnight rambler, il s'allonge sur moi. Va et vient nonchalamment. He split the time the cockrel crows. Recommence.

1'30". Accélère légèrement, mais très sensiblement. Rythme faussé.

2'12". The one you never seen before, oh ... Se retient, pas tout de suite.

2'27". Répétitif et obstiné. Oh don't do that, oh don't do that, oh don't do that, don't you do that, dont you do that ...

3'50". Premier orgasme. La guitare rêvasse ...

4'27". Jagger s'étire, repart à l'attaque, plus mollement.

5'20". Second souffle. Instruments plus lents, mais beaucoup plus intenses. So if you ever meet the midnight rambler, coming down your marble hall, well he's pouncing like proud black panther ...

6'10". Un dernier orgasme pour la route ...

Ill stick my knife right down your throat, baby
And it hurts !

6'57". On se sent seul, vide, d'un vide quasi post-masturbatoire.

dimanche 24 mai 2009

Commande

Bonjour les gens.

Comme vous l'aurez compris, je flemmarde niveau blog. Disons que pour changer, le cerveau bouillonne, le temps manque, beaucoup d'idées, mais pas de points d'entrée ou de sortie - je me comprends.

LNA, en ce qui concerne Hadopi ... Tu peux déjà aller lire mes commentaires sous le dernier blog de M1, mais ce n'est qu'une partie du problème. Puisqu'il y aussi des histoires de rupture d'égalité, de proportionnalité, d'accessibilité et d'intelligibilité de la loi ... Or ces derniers temps, pour l'intelligibilité, je peux repasser. Peut-être un blog plus tard, peut-être pas ... Tu trouveras le texte de la saisine du Conseil constitutionnel par les socialistes ici ; cela te donnera déjà une bonne idée de ce qui pose problème, du point de vue du droit interne (et sans préjudice, donc, du droit communautaire ou du droit EDH, le Conseil exerce un contrôle de constitutionnalité, pas de conventionnalité). Et pour comprendre ce qu'est une saisine, et quelles sont les issues possibles, c'est assez bien expliqué . Tu peux évidemment te plonger dans les dossiers de la Quadrature du net.


Sans transition ...

Ecrire me manque. Pas écrire des blogs, écrire.

Mais j'ai perdu cette catin d'inspiration. Ou ça m'arrange de le penser - je me comprends.

Alors je vais vous demander un petit coup de main, on va faire un truc qui marchait bien du temps où ex-chou et moi on se faisait la cour sur myspace, par blogs interposés : filez moi des mots, disons 10, et disons 1 par personne.

Vous n'êtes pas obligés de me sortir les pires mots de l'histoire du dictionnaire : ce ne sont pas des challenges, mais des prétextes. En tout état de cause, vous faites évidemment comme vous voulez.

Si les Mutants passent par là, et qu'ils ont une idée, ils pourront suggérer un thème et / ou un style.

Et après, moi, j'en ferai une histoire.

On fait ça ?

jeudi 7 mai 2009

Television rules the Nation (Daft Punk)

Merci TFI, je souhaitais écrire ce billet de longue date, vous m'offrez un prétexte en or.

On ne décortiquera pas cette affaire révélée par Libé : un Bourreau devenu martyr - il y a quelque chose de pourri au Royaume de Bouygues.

Bref rappel des faits pour les mous de l'actu : Jérôme Bourreau-Guggenheim a été licencié par TF1 pour avoir exprimé son opposition, par un courriel adressé à la députée du 17ème arrondissement, Françoise de Panafieu, à la Loi Création et Internet, dite loi Hadopi. Cela n'a pas plu à Arnaud Bossom, président de eTF1, qui l'a donc convoqué, pour lui expliquer que non, il n'avait pas le droit d'avoir cette opinion, peu important qu'elle ait été exprimée à titre privé, et qu'il pouvait donc rassembler ses affaires et aller se faire voir chez les zoulous.

On ne décortiquera pas car nous sommes des gens instruits et informés, aussi le consensus règnera sur les points suivants :
- Est-ce scandaleux, aussi illégal qu'illégitime ? Assurément.
- Est-ce surprenant ? Pas vraiment.
- Est-ce que nous croyons une seule seconde aux démentis d'Albanel quant à son rôle dans ce licenciement ? On ne nous la fait pas.
- Est-ce que la loi Hadopi est une usine à gaz qui, outre son inefficacité et son coût disproportionné, massacre allègrement certains principes généraux du Droit, et que si ça vous intéresse, je vous explique ces problèmes juridiques ? Grave.
- Sommes-nous solidaires de Jéjé ? Carrément.


Ce que nous décortiquerons, ce sont les réactions des internautes du Monde.fr.

Voilà une de mes grandes passions, substitut à mes PMU d'antan : passer du temps sur les sites d'information, moins à lire les articles, que les contributions des lecteurs.

Edifiant. Les Français ne sont pas des veaux, ce sont des boeufs.

Il existe en effet des réponses-types ; peu importe l'information en cause, tant qu'elle a des implications politiques, vous trouverez toujours peu ou prou les réactions suivantes.


"Maîtresse, j'peux avoir un point Godwin ?"

Plus ou moins explicitement, ils arriveront toujours à nous glisser une petite référence au nazisme. Le principe est le suivant : plus une discussion sur un forum de discussion dure, plus la probabilité d'y trouver une référence au nazisme ou à Hitler s'approche de 1.

Aujourd'hui, on y était presque :

JACQUES C.

la délation et le contrôle politique ont toujours fait bon ménage..Ce qui été mis en évidence il y a 70 ans est toujours valable...la technique a fait des progrès mais pas la nature humaine.


Nadia C.

Il se trouve que , par hasard , je regardais hier soir l'émission ayant trait à "Solidarinosc " sur Arte ...c'est du même tonneau ...Quelle régression quelle honte pour la droite , même si elle dément le "réseau" qui a transmis le message à la "kommandatur"...



"Et les chars russes, ils débarquent quand ?"

C'est un peu le point Godwinoski. J'avais un Professeur d'Histoire des idées politiques, affilié MNR - il devient quoi, d'ailleurs, le MNR ? - qui était bien obligé de nous causer totalitarisme, mais à qui ça arrachait la gueule d'affirmer explicitement que le régime national-socialiste en était un excellent exemple. Alors, il s'acharnait sur le stalinisme. Ben les internautes, ils font pareil.

Aujourd'hui, ça pouvait donner ça, par exemple :


Gilles H.

Cette fois, pour ceux qui n'y croyaient pas encore, on est vraiment dans une société policière digne de l'URSS de Staline (et pourtant, dieu sait s'ILS la critiquent !). Les prudhommes ne peuvent pas laisser passer ça, même un jury majoritairement patronal, c'est impossible, ou alors il faut faire la révolution avant qu'il ne soit trop tard. Pas d'autre solution. Tout mon soutien à Jérôme.

On rappellera au passage à Gilles qu'il n'y a pas de "jury" aux Prud'hommes, mais des conseillers prud'hommaux, et que la composition des bureaux est paritaire.



"Bien fait pour vot' gueule"

Ce lecteur-là a sa conscience pour lui. Il n'a pas voté Sarkozy, et il s'en branle que les décisions de l'exécutif qu'il critique puissent se retourner contre lui, que la France régresse, toussa ... Les infos montrent qu'il avait raison depuis le début, cela le comble au-delà de ses espérances.

Le Juste du jour, c'est Erik :

Erik M.

C'est très bien. Ce malheureux épisode est hélas nécessaire à ce que les braves gens qui ont voté pour M. Sarkozy sachent dans quel monde nous vivons désormais. Nous avons de moins en moins de choses à envier à des pays comme l'Algérie, par exemple. Et nous avons voté pour cela. Formidable.


"Oui, mais à gauche, c'est pas mieux"

Je les soupçonne d'être employés par le CSA, pour respecter l'équilibre (dans l'attaque des) politique(s). Si l'on touche à la gauche, ils répondent droite, et vice-versa.

Nous remercions Nicolas P. et Cédric C. (marrant, j'ai deux collègues qui s'appellent comme cela) de nous avoir rappelé que c'est comme partout, il y a des bons et des mauvais.

Nicolas P.

C'est absolument scandaleux. Malheureusement à gauche ça ne montre pas plus l'exemple: http://www.rue89.com/2009/04/15/fabius-et-proglio-ecartent-un-empecheur-de-pistonner-en-rond

Cedric C.

Je suis surpris des liberalités de gauche de même nature recoivent bien moins d'écho. http://www.rue89.com/2009/04/15/fabius-et-proglio-ecartent-un-empecheur-de-pistonner-en-rond


"Je suis traumatisé par le 11 septembre, je vois des Bush partout"

Ils ne s'en remettront jamais, je pense. Peu importe qu'il s'agisse de politique intérieure, française, peu importe qu'il ne soit plus au pouvoir, ils trouveront toujours à nous rappeler que le WTC, le Patriot Act, l'Irak. Georgy, tu resteras pour toujours dans notre coeur.

N'est-ce pas, Pax ?

Pax

Merci G.W.Bush et le patriot act... Un tas de boites privées de sécurité et autre surveillance du territoire embauchent des bons pères de famille pour affiner des logiciels qui recoupent vos mails vos coups de fils vos opinions votre santé en toute impunité. Ces services sont vendus d'abord à d'autres boites privées et les gouvernements occidentaux, chinois ou russes ne peuvent y résister. Comment fait-on pour s'en sortir sans passer par le front populaire et la troisième guerre mondiale ?

Mon chouchou du jour, Paxounet.


"Je suis un activiste du dimanche, et j'en suis fier"

Je suis courageux, j'exprime mes opinions. Certes, cela ne me coûte rien, je ne risque rien, cela est totalement inutile ; mais je vous invite à en faire autant. Il faut se mobiliser dans la vie et je vais d'ailleurs envoyer derechef une invit' à mes friends facebook pour qu'ils rejoignent mes groupes "bouh, la guerre, c'est nul" et "sauvons les bébés phoques".

Philippe, quel cran.

PHILIPPE HADOPIPHOBIC

Mail que j'adresse, sans délai, à http://www.tf1.fr/tf1-et-vous/contact/ "Cher TF1. Je suis un opposant déterminé à la loi dite HADOPI. J'espère être rapidement licencié de l'ensemble vos téléspectateurs par M. Arnaud Bosom. Pour être tout à fait assuré de mon licenciement, j'adresse une copie de ce mail à Mme de Panafieu. Si vous avez encore ses coordonnées, je vous prie de transmettre mes plus cordiales salutations à M. Jérôme Bourreau-Guggenheim"


"La Presse ne trouvera jamais grâce à mes yeux"

Eux, ils m'emmerdent au plus haut point, et malheureusement, on les retrouve systématiquement. Si la rédaction décide de vérifier certains faits avant de relayer l'information, ils crieront à la dictature du silence. Si elle la publie, quitte à abuser du conditionnel et à annoncer des articles à venir pour éclaircir certains points, ils condamneront l'emballement médiatique.

Jean-Louis C., par exemple, n'a jamais entendu parler de la lecture critique ou de la pluralité des sources. Il prendra tout ce qui est écrit pour argent comptant, alors faudrait voir à pas lui raconter des cracks.

Jean-Louis C.

Simple lecteur du Monde je trouve cette affaire extrêmement grave. En diffusant une telle information le Monde se doit de fournir à ses lecteurs un dossier complet et irréfutable. Ce sujet est trop grave et les accusations qu'elle sous-tend doivent être parfaitement documentées. J'attends cela de mon journal. une autre conduite le discréditerait à tout jamais.


"Oui, et alors, moi aussi ve fouffre, et v'la ramène pas"

Ce sont ceux qui, lorsque l'on relatera une agression antisémite, rappellerons que les musulmans aussi sont victimes de violence à raison de leurs croyances. Ce sont également ceux qui préciseront, lorsqu'on relatera une agression islamophobe, que le racisme anti-français, ça existe aussi. Ce n'est qu'une question de temps avant que les Vulcains ne s'insurgent de l'importance donnée par les médias à l'agression d'un Terrien.

Ils s'en branlent, de cette info, et vont donc prendre du temps pour expliquer pourquoi.


pfuiiiii

Moi, je viens d'être viré de ma boite alors que j'avais parlé du schmulbluck à toto qui est la cousine du beau-frère de la soeur de mon patron, et ça lui est revenu par le couloir gauche. Sincèrement, c'est le genre d'information particulièrement fiable qui remplissent indûment les colonnes des journaux prétendument sérieux.


Christian M.

Je connais des tas de gens qui sont en train de perdre leur poste et qui n'ont pas l'honneur d'un article corporatiste.

Bonus pour Christian M. : le coup du complot corporatiste, et certainement franc-maçon.



Ah, quelle rigolade ... Merci les internautes. N'oubliez de me remettre vos cartes d'électeur en sortant.

mardi 5 mai 2009

Help, I'm alive (Metric)

Mes lecteurs d'amour,

Un billet pour le principe - ne pas laisser passer plus d'une semaine entre chaque billet ...

Un billet pour rien, juste pour vous rassurer, le blog n'est pas de nouveau en friche ! Mais je croule sous le travail, j'en suis à me prendre du Redbull en intraveineuse et à travailler la nuit. Vampire version nerd, la nuit, je ne saigne pas les gens, je me saigne les yeux, les doigts, le système nerveux ... Je bosse, quoi.

Un billet pour annoncer des billets politico-musicaux en cours de rédaction.

Un billet pour le plaisir de vos yeux. J'étais au concert de Metric ce soir, et je demande solennellement la main de Emily Haines. Elle est d'une beauté à couper le souffle, elle donne tout sur scène, ses textes sont superbes, sa voix incroyablement touchante. J'aime cette fille d'un amour fou, elle m'a tellement fait pleurer chez moi en appuyant exactement là où ça fait mal, elle m'a fait surkiffer ce soir, je me suis déboîté le genou et je sens le fauve, et bla bla bla, c'est décousu, je suis encore émouvue et électrisée. J'étais avec des zicos qui ont trouvé que le son, bof, trop d'air dans les guitares, batterie en arrière, je sais pas quoi. Ils ne sont jamais contents, les zicos. Ils sont jaloux, moi j'dis. Alors que le set était parfait.

Carton rouge pour le public de la Maro : je n'ai jamais vu ça, ça a attendu les deux tiers du concert pour commencer à danser dans la fosse. Stoïques, blasés. Imperméables aux efforts de Emily pour les faire participer un peu. Ne se réveillent qu'aux tubes. Auraient mieux fait de rester chez eux, tiens.

Brrref, plaisir des yeux, disais-je :






Ses acolytes ne sont pas dégueux non plus. Surtout le batteur (au milieu).





Qui-qui va s'activer de terminer son travail pour dormir et faire de jolis rêves, uh ?

lundi 27 avril 2009

Window (Black Rebel Motorcycle Club)

Promis.



Je n'ai pas retouché ces photographies.




Simplement joué avec la luminosité. Nuit sans lune, nuit sans étoiles, deux heures du matin.

Comment ne pas faire de lien entre mes insomnies et ma dernière - c'est toujours la dernière - cigarette à la fenêtre ?

Ce que vous ne pouvez pas voir, c'est ce silence.

Je ne peux pas être au cœur de Paris. Je ne peux pas être en 2009.

Peut être dans l'une de ces bandes-dessinées, après qu'un nuage radioactif ou un orage électromagnétique a rendu la vie impossible en milieu urbain. Ne restent que les rebelles et les intouchables.

Parfois ...

La fin du monde m'est une réalité tangible.

jeudi 23 avril 2009

Fingertips (Stevie Wonder)

Elle jouait avec sa chatte,
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir.

Elle cachait - la scélérate ! -
Sous ces mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.

L'autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n'y perdait rien...
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien,
Brillaient quatre points de phosphore

"Femme et chatte", Paul Verlaine


Un jour où je serai triste, je vous expliquerai, peut-être, pourquoi les Poèmes saturniens sont mes poèmes favoris. Cette nuit, je suis simplement futile. J'ensanglante mes mains pour tromper l'insomnie.

Depuis deux ans, je ne sais plus à quoi ressemblent mes mains sans fards. C'est parti d'une soirée à thème - rouge. De mon incapacité à suivre totalement le mouvement. De ne jamais totalement jouer le jeu. Let there be red, mais seulement sur mes lèvres et au bout de mes doigts.

Je n'aime pas spécialement le blog de Fonelle. Je le suis cependant, j'aime beaucoup les commentaires de sa horde, drolatique lorsqu'elle n'est pas idolâtre. Souvent, ses billets n'appellent qu'un haussement de sourcil. Parfois, ils sont étonnamment touchants. Notamment, ce billet où elle demandait si un détail de maquillage avait changé notre vie. Je n'avais pas répondu, mais j'avais pensé très fort à mes ongles au vernis écaillé ce jour-là.

S'il n'y avait pas eu cette soirée, cela ne me serait jamais venu à l'esprit. Toutes les parisiennes s'y mettaient, j'ai l'esprit de contradiction. Je suis pâle et très brune, j'ai suffisamment lutté contre l'étiquette de gothique refoulée. Et puis ...

Rouge pute. C'est cela qu'on nous inculque.

Depuis ce jour, mes longues griffes sont invariablement putassières. Oui, un détail de maquillage peut changer une vie, du moins colorer le quotidien.

C'est très futile, certes, mais c'est bien plus qu'une couche ou deux de vernis. Ce sont avant tout les réactions des gens.

Les petits enfants saisissant ma main pour caresser gentiment la surface colorée, comme s'il s'agissait de bijoux précieux. Les amants absorbés par le spectacle de ces petites taches de sang sur leurs torses. Les étudiants et collègues qui se demandent si derrière le tailleur ...

Je ne pensais pas qu'un petit détail de rien du tout pouvait avoir un impact pareil sur les autres. On ne m'avait jamais arrêtée dans la rue pour me complimenter sur mes mains. Les variations de nuances sont remarquées. Chaque éclat m'est reproché.

Rien de bien métaphysique, tout cela n'est que cosmétique, pourtant, ces ongles rouges sont devenues ma griffe. Une addiction après tant d'autres. Mes gestes les plus prosaïques prennent une tournure auto-érotique. Je laisse le vernis s'écailler lorsque je n'en peux plus, de tout. A chaque humeur sa teinte, cerise noire, rouge vinyle, classic red ... Punk ou pop, toujours à la fois très bourgeois et très caniveau. Un grand écart que je pratique au quotidien, mais c'est une autre histoire. J'ai laissé quelques marques sanglantes sur des dossiers ultra-confidentiels ou sur les copies de mes étudiants. Je joue à la pin-up. Je ne suis jamais totalement nude.

Je détourne l'attention, je me planque.


Je détourne la question de Sophie : un détail futile s'est-il révélé essentiel pour vous ?

"Fingertip to painted lip, she sways her way up to him"

mercredi 22 avril 2009

Koka Kola, Advertising and Cocaine (The Clash)

Je suis certainement votre frangine*, je suis l'un des rejetons de Christian Blachas. Une vraie fille de pub. Le jour du Seigneur, je matais religieusement - mais en louce-dé - chaque édition de Culture Pub (et le fameux téléfilm érotique de M6, un dimanche sur deux).

J'étais inconsolable à l'arrêt de l'émission. Certes, comme Lazare, elle a ressuscité, sur le net, mais ce n'est pas pareil ... Point de split screen, de mise en abîme (la coupure pub d'une émission sur la pub, ça laisse songeur ... ou pas, en fait). Et ce générique ... Ce générique !





On nous décortiquait les spots, on nous montrait les ficelles, on faisait de nous des spectateurs avertis. Et des spectateurs tout court : c'était la grande époque de la pub, elle ne se subissait pas, elle se laissait regarder avec plaisir. La bouteille d'Orangina rouge psychopathe, le beau mec en Levi's au Lavomatic, etc. Des slogans qui marquent. J'ai un contact Facebook qui les remixe chaque jour en remplaçant la marque par son prénom (c'est bien, c'est beau, c'est X ; X-oucy, oh oui ! ; vous comprenez le principe). C'est chouette de voir tous ses potes se prendre au jeu, le relancer. Ce sont des stratégies commerciales, des mantras, du lavage de cerveau. Ce sont aussi des souvenirs de gosses, le nez scotché à l'écran. On ne zappait pas pendant la pub.

Culture pub, pop culture.

Je me suis même imaginée pubarde. J'ai pris une voie très différente, aussi c'est avec plaisir que j'assistais aux quelques cours de marketing dispensés dans mon école. J'aurais été bonne, je pigeais les trucs, je causais ressorts psychologiques, toussa ... Résultat des courses, la prof a refusé que je choisisse l'option marketing l'année suivant, elle en avait assez de mes digressions, ras-le-bol de ma pomme-à-qui-on-la-fait-pas.

Brrrref.

A l'époque, on ne batallait pas autant pour une télévision publique sans publicité, certainement car elle constituait un programme à part entière.

Et aujourd'hui ... Aujourd'hui. Arf.



Aujourd'hui, on se bouffe dix fois par jour une tête-à-claques exigeant d'aller faire caca chez son ami Paul (dont les toilettes doivent être bien ruinées à l'heure qu'il est). "Je veux faire cacaaaa chez Pauuuuul". Il m'éneeeeeeeeeeeerve. Tu démouleras ton bronze où on te le dira, épicétou. Mais où sont-ils allés dénicher une idée pareille, bordel ? Et qui c'est, ce Paul, à la fin ? (Sondage marrant sur ce blog ).

Faut arrêter de craquer le budget du client en coke, les pubards.





* D'ailleurs, les frangins, je relève certaines adresses IP récurrentes. C'est gentil de me bookmarker ou de me netviber, mais un coucou serait hautement apprécié. N'ayez pas peur, je ne mords pas, il n'y a que sur M1 que je passe mes nerfs.

Coupdegueuleexpress'

Coup de gueule express de milieu de matinée. Certains préfèrent have a break, have a kit-kat, moi ma pause c'est de glander sur le net pour trouver de quoi augmenter le taux d'acidité de mon estomac. Un article de Circé Bacri.

Vous la trouvez ronde, elle ?




Et elle ?




Photographies tirées d'un dossier de Elle, "Sexy, ronde et ... fashion !".

Ai-je vraiment besoin d'expliquer le pourquoi de ma gueulante ?
Au-delà de l'intitulé du dossier, outrageusement condescendant ("mais oui les grosses, vous pouvez être sex et coolos"), elles font quoi ces nanas, du 38, 40, 42 max. ? Moi je les trouve NORMALES, statistiquement, esthétiquement.

C'est quoi "ronde"? Elle est où la limite ?

Vous en avez pas marre de la schizophrénie, presse féminine de mes deux ? Articles sur le méchant monde de la mode qui pousse à l'anorexie de jeunes mannequins bulgares à peine pubères, et vos filles par la même occasion, articles sur le bien-être et la confiance en soi, pour ... ça !

Et on me demande encore pourquoi je ne lis pas la presse féminine ?

Les mots me manquent tellement je suis écoeurée. Il ne s'agit pas de femmes rondes, il s'agit de femmes ayant passé le cap de la puberté. Bravo pour des années de lavages de cerveau, Elle à la con et consorts, vous avez réussi à convaincre des jeunes femmes belles comme tout que leur place dans votre magazine est un dossier sur les rondes, sur les femmes en surpoids, si j'entends correctement cet euphémisme ?

Mes lectrices, si vous êtes au-delà du 42, prenez d'urgence un rendez-vous chez le médecin, selon l'échelle de valeurs de Elle, vous avez atteint le stade de l'obésité morbide. Non, pas celui où vous risquez des problèmes de santé, celui où vous êtes morte aux yeux du monde de la mode, inhabillable et imbaisable.